Proust, du côté de chez Michel Lafon

Marcel Proust nous a quittés il y a 90 ans maintenant. Et il y a cent ans naissait Du côté de chez Swan.

Deux anniversaires qui n’ont pas échappé aux éditions Michel Lafon puisque celles-ci viennent de faire paraître un beau-livre consacré au célèbre écrivain.

Dans cet ouvrage, présenté par Patricia Mante-Proust, l’arrière-petite-nièce de Marcel, la vie du romancier est dévoilée à travers des archives rares ou inédites, de nombreuses photographies, des documents issus de la collection familiale, de correspondances, d’extraits de manuscrits ainsi que de petits trésors provenant des tiroirs de la célèbre tante Léonie, à Illiers-Combray.

On peut ainsi y découvrir Marcel Proust, enfant, avec son frère Robert, vers 1875, ou seul, dans le jardin de Reynaldo Hahn, vers 1905. Puis chez les Brancovan, à Amphion, en 1899, sur laquelle apparaissent la princesse Hélène de Caraman-Chimay et la poétesse Anna de Noailles.

Plus loin, voilà Proust immortalisé par Paul Nadar, le 24 mars 1887, puis par Otto, en 1895.

Sans oublier le célèbre portrait de Jacques-Émile Blanche réalisé en 1892 et exposé au musée d’Orsay.

À côté de clichés de proches comme celui de Nathé Weil, la grand-mère de l’écrivain, le livre dévoile ici des documents de jeunesse, des photos de classe au lycée Condorcet ainsi que des reproductions de certains de ses bulletins trimestriels. En 5e, par exemple, on y apprend que Monsieur Darlu, son professeur de philosophie, dit de lui qu’il avait « le plus vif désir de bien faire » mais qu’il se laissait « trop entraîner par son imagination. »

Portrait de Jacques-Émile Blanche

Mêlant citations aux souvenirs, ce livre explore à la fois le passé littéraire et réel de Proust. L’occasion de s’arrêter notamment sur un cliché de l’escalier de la maison de tante Léonie : « cet escalier détesté », dit l’écrivain,  « où je m’engageais toujours si tristement, exhalait une odeur de vernis qui avait en quelque sorte absorbé, fixé, cette sorte particulière de chagrin que je ressentais chaque soir »…

Ou encore sur la lanterne magique, cet objet qui, au moyen d’une flamme, éblouissait les fins de journée du narrateur en projetant sur les murs de sa chambre l’histoire de Geneviève de Brabant et « substituait à l’opacité des murs d’impalpables irisations, de surnaturelles apparitions multicolores » et « où des légendes étaient dépeintes comme un vitrail vacillant et momentané. »

Sur plus de 200 pages, la vie et l’œuvre de Proust défilent ainsi entre illustrations, écrits et documents d’époque. Le lecteur, propulsé dans ce temps perdu, est ici comme entraîné par la main dans un petit musée consacré à l’auteur.

Définitivement, Proust revit ici !

La balade est agréable, instructive. Et une odeur de madeleine semble même s’échapper du livre…

Marcel Proust, l’arche et la colombe, textes de Mireille Naturel, présentation de Patricia Mante-Proust, Michel Lafon, 220 pages, 39,95 €.

© lesbeauxlivres.com

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