Londres immortalisée par Jean-Michel Berts

Jean-Michel Berts nous avait envoûtés avec La Lumière de Paris. Le voilà qui plonge au cœur de la capitale du Royaume-Uni.

Sur la couverture du livre, le ton est d’emblée donné. La photographie est en noir et blanc. Le palais de Westminster et la mythique tour d’horloge Big Ben s’étalent majestueusement à l’horizon, des nuages immobiles à l’arrière-plan mordent les pointes des édifices. La Tamise est encore endormie et, même au loin, aucun quidam ne traverse le champ visuel.

Londres dort…

Comme dans son précédent opus, Jean-Michel Berts a choisi de placer son objectif à la lueur de l’aube et du crépuscule. La ville s’offre à nous sous un aspect mystérieux, dramatique, presque hitchcockien. Rues et quartiers sont dénués de toute effervescence, de toute agitation.

Londres dort… et la lumière peint chaque perspective d’une teinte magique et quasi fantomatique.

Les citations de T. S. Eliot et Sir Arthur Conan Doyle imprimées dans ce livre expriment pleinement cette douce émotion :

« Cité fantôme

Sous le fauve brouillard d’une aurore hivernal » (La Terre vaine)

« Les premières lueurs blafardes de l’aube commençaient à paraître. De temps à autre nous apercevions la silhouette confuse d’un ouvrier qui se rendait au travail, à travers la brume opalescente de Londres. » (Le Manoir de l’abbaye)

© Jean-Michel Berts / Assouline

Parfois méconnaissable, inquiétante, mais toujours sublime, Londres défile sous nos yeux à la manière d’un vieux film en noir et blanc. Le suspens est maintenu à chaque page. L’imagination du lecteur vagabonde, se perd malgré elle dans les ruelles sombres et englouties par les imposantes façades.

Au détour de Whitehall Court, de Brompton Road ou de Hyde Park, après tout… ne serions-nous pas étonnés d’y croiser Jack l’Éventreur ?

© Jean-Michel Berts / Assouline

Plus loin encore… dans les environs du Palace Theater, du Royal Albert Hall ou du quartier Hans Crescent avec son architecture très éclectique… ne pourrait-on pas également y croiser le célèbre Sherlock Holmes poursuivant un criminel en fuite ?

Londres dort…

Oui, elle dort parfaitement…

Et Jean-Michel Berts, tel un étrange sorcier, éveille cette part d’indicible et d’évanescente beauté qui sommeille en elle… pour l’offrir à nos regards ingénus.

La lumière de Londres, photographies de Jean-Michel Berts, texte de John Julius Norwich, Assouline (35, rue Bonaparte, 75006 Paris), 26 x 34 cm, 132 pages, 45 €.

© publiktions.com

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