Regards croisés d’artistes sur la ville

La ville, depuis des millénaires, est une source d’inspiration inépuisable pour les artistes.

En 1437, déjà, La Jérusalem céleste, cité imaginaire créée par Van Eyck dans son panneau de La Vierge au Chancelier Rolin ou encore La Tour de Babel de Bruegel l’Ancien, en 1563, immortalisent ce désir de représenter la ville.

Tantôt effrayante et repoussante, tantôt rassurante et pleine de promesses, cette dernière n’a cessé et ne cesse d’alimenter des sentiments contradictoires chez les hommes.

À travers cet ouvrage, c’est donc la confrontation des différents points de vue des artistes sur la ville qui s’anime, mais également la mise en perspectives des nombreuses mutations de l’urbanisme qui se sont succédé au fil des siècles.

Ce livre aborde ainsi la question de la surpopulation et de l’étouffement comme dans Souvenirs de Buenos Aires d’Antonio Segui ou Moscou, la place Rouge de Kandinsky ; la thématique de l’exclusion et de la pauvreté (Étude photographique sur les habitants du Val-de-Marne de Sabine Weiss), le rapport campagne-ville (Le Déjeuner sur l’herbe d’Alain Jacquet, œuvre emblématique du Mechanical Art ; La Racine, sculpture de Jean Tinguely ; Bal du 14-Juillet de Robert Doisneau ; Bord de Marne à Saint-Maur de Jacques Faujour) ou encore la violence sociale et la révolte (Holidays de Pierre Ardouvin ; Compression de César).

Ponctué de nombreux clichés, de citations et de réflexions, La Ville, vues d’artistes, cherche tout autant à provoquer le débat, à redéfinir le vivre-ensemble et à questionner nos modèles de société.

« Il importe de trouver une riposte au drame de l’urbanisme, nous dit dans cet ouvrage François Dragognet, afin que soient évités la séparation ou le dualisme : d’un côté, les traditionnels enfermés dans leur sanctuaire et, de l’autre, les « couches » les plus nombreuses de la population privées de références et parquées dans de grands ensembles ou logements anonymes, tous plus ou moins identiques les uns aux autres. »

Une pensée que la toile Immeuble de Philippe Cognée ou la sculpture en acier de Francisco Marino Di Teana intitulée Tour-Jardin II illustrent parfaitement ici.

Car oui, la ville fascine autant qu’elle nous interroge.

Georges Perec disait lui-même : « Il n’y a rien d’inhumain dans la ville, sinon notre propre humanité. »

Une réflexion à méditer… et un livre à découvrir.

La Ville, vue d’artistes, de Bernard Vasseur, Cercle d’art, 64 pages, 12 euros.

© lesbeauxlivres.com

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