El Sexto publié chez Métailié

« On nous a transférés de nuit. Nous sommes passés directement, par une porte, du quartier cellulaire du Dépôt à la cour d’El Sexto. »

Dès les premières lignes de son roman, José María Arguedas projette le lecteur au cœur du drame : El Sexto.

El Sexto, une prison pas comme les autres… Un bâtiment terrifiant, planté au centre de la capitale péruvienne où les détenus sont livrés à eux-mêmes.

Gabriel, un jeune étudiant, vient d’y être enfermé. Il a participé à une révolte populaire sévèrement réprimée par la dictature en place. Et pour purger sa peine, il va devoir affronter une nouvelle société où la violence et la loi du plus fort sont omniprésentes.

Dans l’enceinte d’El Sexto, les meurtriers en tout genre y sont regroupés. Au rez-de-chaussée se trouvent les clochards. Au premier les droits communs et les délinquants sexuels. Et enfin au second y sont placés les groupes politiques, notamment les communistes et les membres de l’Apra, l’Alliance populaire révolutionnaire américaine. C’est ici, bien évidemment, qu’a été mis Gabriel.

À El Sexto, chaque palier a son propre chef. La guerre des gangs fait rage, et Estafilade, Maravi et Rosita luttent en permanence pour le pouvoir de leur étage. Les autorités légales, de leur côté, ne protègent aucun prisonnier. Bien au contraire, elles laissent les détenus s’affronter à mort et ferment les yeux sur les trafics de drogue et la prostitution forcée des homosexuels.

Un cauchemar de cette nature… José María Arguedas l’a vécu. Lui-même emprisonné en 1938 durant huit mois à El Sexto à la suite d’une manifestation antifasciste, il s’est inspiré de sa propre expérience dans l’enceinte du tristement célèbre pénitencier pour bâtir son histoire.

Cela explique pourquoi le récit est si juste, si prenant. Les scènes sont décrites avec un réalisme tel que le lecteur en est souvent saisi d’effroi. À cela s’ajoute le talent hors pair de l’écrivain pour son sens de la dramaturgie et de la mise en scène.

Oui, El Sexto est une œuvre puissante, saisissante. À juste titre, elle fait définitivement partie des classiques de la littérature sud-américaine.

F. H.

TITRE : El Sexto

AUTEUR : José María Arguedas

TRADUCTEUR : Ève-Marie Fell

EDITEUR : Métailié

DATE DE PARUTION : 20/10/2011

PRIX : 18 euros

NOMBRE DE PAGES : 192

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s