Dior ou le défilé d’une vie

L’autobiographie de Christian Dior a été publiée pour la première fois en 1956. Plus d’un demi-siècle plus tard, la voilà qui réapparaît en librairie, agrémentée cette fois d’une trentaine de photos d’archives illustrant le célèbre couturier et ses modèles.

Qui aurait pu imaginer que le gamin de Granville, fils d’une famille d’industriels de la lessive Saint-Marc, deviendrait l’une des figures majeures de toute l’histoire de la mode ?

En recherchant dans son passé, Dior confie qu’une chiromancienne rencontrée à l’âge de 14 ans lors d’une kermesse en Normandie avait prédit son avenir :

« Vous vous trouverez sans argent, mais les femmes vous sont bénéfiques et c’est par elles que vous réussirez… vous en tirerez de gros profits et vous serez obligé de faire de nombreuses traversées. »

C’est par ces souvenirs que Dior entame l’écriture de sa vie. Une vie annoncée comme un destin… riche et hors du commun.

D’abord galeriste où il expose les toiles de Picasso et Dali, il devient dessinateur pour le Figaro illustré avant de se faire embaucher par Robert Piguet, « le prince de la mode », avec lequel il signe trois collections. Le monde de la mode s’ouvre à lui : il travaille pour Lucien Lelong, l’un des pontes de la couture parisienne, crée la maison Christian Dior au 30, avenue Montaigne et lance son premier défilé en 1947 grâce au soutien financier de Marcel Boussac, considéré comme le « roi du coton ».

En dix années seulement, de 1947 jusqu’à sa mort, Dior apparaît comme l’un des plus grands visionnaires de son époque. Il s’impose sur le marché mondial de la mode, fonde une société de parfum et devient LE couturier des stars.

Dans ses Mémoires, le gamin de Granville ne pense jamais à sa propre mort alors que quelques mois seulement le séparent de cette crise cardiaque fatale qui surviendra en Italie. Le récit de sa vie oscille entre optimisme et ardeur juvénile. Contrairement à la plupart des autobiographies, Christian Dior et moi ne ressemble ni à un bilan ni à une introspection nostalgiques. Ces confessions reflètent une soif de vie incommensurable, toujours intense.

« Mes meilleurs souvenirs, dit-il, je ne les ai pas encore vécus, et mon passé est tout jeune, bien vivant. », ajoutant « ce qui m’intéresse le plus (…) c’est (…) demain. »

Dior n’aimait pas le monde du spectacle. Il se passionnait peu pour le théâtre, le cinéma ou les cabarets. Il aimait Balzac, mais peu la lecture. Il n’avait que deux passions : le poker et la mode. Et seul l’imaginaire de la mode lui aura permis de se dévoiler complètement :

« Tout ce qui a été ma vie, révèle-t-il en introduction à ses Mémoires, s’est (…) exprimé dans mes robes ».

F. H.

TITRE : Christian Dior et moi

AUTEUR : Christian Dior

EDITEUR : La Librairie Vuibert

DATE DE PARUTION : 13/10/2011

PRIX : 20 euros

NOMBRE DE PAGES : 224

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